Le 1ᵉʳ octobre est, depuis 1975, la Journée internationale de la musique. Je vous ai déjà parlé de quelques musiciens célèbres sur le blog, comme Francisco de Salinas (Salamanque) ou Agapito Marazuela (Ségovie). Aujourd’hui, je vous invite à me rejoindre à Ávila, plaza Teniente Arévalo, pour vous présenter la statue d’un autre amoureux des notes : Tomás Luis de Victoria, né en 1558.
Contemporain de Sainte Thérèse, Tomás naît lui aussi dans la province d’Ávila, trois décennies après la plus célèbre des enfants du pays. Le petit garçon est envoyé au chœur de la cathédrale, dans la capitale provinciale, vers l’âge de 9 ans. Un soulagement pour sa famille, car la fratrie de onze enfants vient de perdre brutalement son père. C’est probablement son oncle, devenu son tuteur et lui-même dans les ordres, qui le place à la cathédrale. Il grandit entre les murailles de la ville jusqu’à ses dix-huit ans, puis part pour son grand voyage à Rome où il doit poursuivre son éducation théologique et surtout artistique. Toute sa vie, il fera des allers-retours entre Rome et le royaume d’Espagne.
Arrivé dans la Ville Éternelle en 1567, il y étudie la musique, l’enseigne et occupe divers postes liés à sa passion. Il est ordonné prêtre en 1575 en Italie. Ses publications musicales notables paraissent dès les années 1580 et sont rapidement reconnues. Les historiens pensent que c’est à cette période qu’il cherche à rentrer en Espagne, un poste lui échappe alors à Palencia. C’est finalement une nomination comme aumônier de Marie d’Autriche, sœur de Philippe II, qui lui permet de revenir dans la Péninsule. En 1587, nous le retrouvons à Madrid, au couvent royal des Clarisses : il y est maître de chœur et assure ses fonctions auprès de Marie d’Autriche, qui s’est retirée dans cette communauté. Au début du siècle suivant, il y devient organiste, après avoir refusé des postes plus prestigieux dans de plus grandes cathédrales du pays.
Proche de la famille royale,
il compose en 1603 une œuvre majeure qui demeure l’un de ses plus grands
héritages, à l’occasion des obsèques de l'impératrice : l’Officium Defunctorum. Fille de
Charles Quint, ancienne régente du royaume, veuve de l’empereur Maximilien II, mère
de deux empereurs, belle-mère d’un roi d’Espagne et d’un roi de France, la
défunte méritait des funérailles à la hauteur de son rang. Le travail de Tomás
est un aboutissement : celui d'une vie, mais aussi la fin d’une époque pour la
musique religieuse espagnole du Siècle d’or. À l’aise financièrement et ayant
l’oreille des rois, il peut user de son influence pour placer ses proches. À 63
ans, il meurt dans la capitale espagnole, laissant l'empreinte d'un grand
compositeur de son temps.
Aujourd’hui, la statue connaît un certain succès grâce à la possibilité de poser à ses côtés le temps d’une photo. La mémoire du compositeur reste bien ancrée et demeure une source d’inspiration pour de nombreux musiciens. Vous trouverez sans peine divers morceaux à écouter en ligne. Je compte prochainement lire l’un des rares, si ce n’est le seul, ouvrages biographiques en français consacrés à ce compositeur, que j’ai découvert grâce à cette statue. Un site universitaire lui est entièrement consacré si vous souhaitez en savoir plus.
On se retrouve le 12 octobre, à l’occasion de la fête de Sainte Thérèse, pour la visite de l’église où elle fut baptisée. N’hésitez pas à suivre le blog sur Facebook ou Instagram pour ne rater aucun article !






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