Une
petite lecture pour la jeunesse aujourd’hui sur le blog dans la rubrique «
Voyage au fil des pages ». Je n’ai pas proposé de nouvelles lectures depuis le
mois de mars, il était donc temps que je rouvre cette catégorie. J’ai déniché
dans une bouquinerie un livre de la collection « Mon histoire », qui
propose des journaux intimes de fiction des grands personnages durant leurs
adolescences. Bien qu’inégaux dans leur qualité, ces petits volumes sont généralement
assez intéressants. Pour cet ouvrage consacré à Isabelle de Castille c’est l’américaine
Carolyn Meyer qui s’est essayé à l’exercice, elle qui a une grande habitude des
portraits de femmes ayant marqué l’histoire.
Dans ce journal, fictif, on s’intéresse
à une période très particulière de l’histoire castillane. Adolescente rien ne
semble donner la priorité à Isabelle pour l’accès au trône puisque ses deux frères
se disputent la couronne, l’aîné a, de plus, déjà une héritière. Alors qu’Enrique et
Alfonso se trouvent à la tête de leur partis respectifs, la destinée d’Isabelle prend
des nuances portugaises avec le mariage qu’on ambitionne de lui faire contracter.
Elle se soucie plus de son avenir marital, de la santé de sa mère, et d’essayer
d’échapper aux requins de la politique que de convoiter la couronne. Le roman
suit donc, sur trois ans (1466-1469), le périple de la princesse entre des
villes de Castille dont certains noms vous seront familiers Avila, Arevalo, Valladolid, Cardeñosa…
La ville principale étant Ségovie, je m’attendais à ce que le livre aille, via l’épilogue,
jusqu’à la proclamation d’Isabelle en tant que reine sur les marches de San
Miguel. Ce n’est pas le cas, l’auteur fait le choix de conduire son héroïne
jusqu’au mariage avec l’héritier de l’Aragon, à Valladolid. Leur rencontre au
Palacio de los Vivero, dont
je vous avais parlé dans un article, est ainsi un point important de la fin
du roman.
On appréciera particulièrement la
présentation par l’auteur du problème politique des conversos (juifs ayant
depuis une ou plusieurs générations choisi la religion catholique). Le
traitement que leur réservera Isabelle une fois reine fut très dur, nous en
avions parlé lors de l’article
sur la maison d’Abraham Senior à Ségovie. Cet homme fut un de ses proches
du temps de son règne, c'est toute l'ambiguïté du personnage. L’auteur fait le choix de présenter un entourage, dès la
jeunesse d’Isabelle, où la question des conversos est régulièrement soulevée.
Si l’ouvrage met du temps à démarrer, il est quand même une fenêtre intéressante sur la Castille de l’époque où circule la princesse. Il manque cruellement une carte pour aider le jeune lecteur à se repérer, peut-être dans la prochaine édition ? Nous arrivons en effet à la mauvaise nouvelle, cette collection commence tout juste à être rééditée (dans une qualité moindre). Il vous faudra donc espérer qu’Isabelle de Castille en bénéficiera ou vous contenter, comme moi, d’un exemplaire d’occasion. Un ouvrage à partager avec les jeunes de votre entourage qui souhaiteraient mieux connaître l’histoire de l’Espagne. Il peut aussi permettre de se projeter dans la vie d’une jeune noble de l’époque et découvrir ses activités. Le livre fait aussi écho à notre actualité puisque la peste et la gestion des confinements des villes rythment une partie des voyages d’Isabelle.
Bonne lecture à tous et n’hésitez pas à me donner votre avis.
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