Pour notre flânerie actuelle, je vous propose de vous arrêter à Soria. Nous voici dans le parc principal, La Alameda de Cervantes (la Dehesa) dont je vous ai déjà raconté l’histoire. Lors de mon passage de cet été, j’y ai trouvé une petite nouveauté, une étrange statue d’un canidé dans un style qui pourrait laisser penser que Soria s’inspirerait de Barcelone. Trêve de plaisanterie, venez découvrir cette drôle de représentation castillane.
En 2016, la ville de Soria inaugure un immense chien qui représente un mastin (la race mâtin espagnol). Il rend hommage à la tradition de la transhumance de la région puisque ce chien fut longtemps une race répandue comme compagnon des bergers de la péninsule. Je vous rappelle qu’à l’origine le parc est en réalité la dehesa de la ville, lieu de pâture anciennement pour les troupeaux. L’œuvre a coûté 6000€ et a été réalisée par Carlos Sanz Aldea. Il a utilisé une technique bien particulière le « trencadis ».
Petit point sur ce procédé qui fut popularisé par l’un des plus célèbres
architectes espagnols, Gaudí. Comme vous le savez on ne compte que deux de ses œuvres
majeures dans la région, et bien loin de Soria, la Casa Botines à León et le palais épiscopal d’Astorga. Autant dire que nous sommes ici bien loin de l’architecte
catalan. Ce dernier va, en particulier dans certaines de ses réalisations comme
le parc Güell, avoir l’idée d’utiliser des morceaux de céramique cassée pour
créer des motifs et recouvrir des surfaces arrondies. Le « trencadis »
est mis au goût du jour et perfectionné par ses soins. Il fera des émules jusqu’à
nos jours, bien au-delà de l’Espagne. Carlos Sanz Aldea voulait un mastin qui rappelle
l’enfance et que les bambins puissent escalader sans risque. Lui-même se
souvient avoir enfant escaladé les statues des lions de la Plaza Mayor. Avec cette technique, peu coûteuse et solide,
l’artiste réussit le pari d’un mastin coloré, joyeux et terrain de jeux.
Bonne promenade dans les rues de Soria.

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